ethnologie de l'éducation

Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 18:38

Même si elle a toujours existé sous des formes diverses, la notion d’accompagnement scolaire ne s’est véritablement développée qu’à la fin des années 80, notamment avec la mise en œuvre progressive dans les écoles et les collèges des animations éducatives périscolaires et des études assistées. Elle s’est ensuite progressivement étendue à un public d’élèves d’établissements en difficulté ou socialement défavorisés.

La charte de l’accompagnement à la scolarité (signée en 2001) a largement contribué à clarifier le champ de l’accompagnement, ses finalités, ses modalités et son public. On sait que les actions relevant de l’accompagnement scolaire doivent être centrées sur l’aide aux devoirs et les apports culturels nécessaires à la réussite scolaire. Elles reconnaissent le rôle central de l’Ecole tout en s’efforçant d’associer les parents et revêtent un caractère laïc et gratuit. Bénéficiant du soutien des pouvoirs publics, elles sont avant tout destinées à ceux qui ne bénéficient pas des conditions optimales de réussite scolaire[1]. La charte est en revanche beaucoup moins claire sur les conditions de formation et d’évaluation de ces actions (ex-ante, in itinere, ex-post ?).

 

Sur le terrain, on constate par ailleurs que cette offre spontanée traduit parfois davantage les motivations de structures associatives dont l’accompagnement scolaire n’est pas toujours l’activité centrale que la recherche d’une adéquation à des besoins par ailleurs mal identifiés. En outre, et même dans les secteurs où l’offre est relativement riche, l’action associative ne touche pas forcément les élèves qui en auraient le plus besoin. De ce fait, le public extrêmement hétérogène accueilli dans ces structures ne bénéficie pas toujours des actions adaptées, individualisées et efficaces que l’égalité des chances appelle de ses vœux.

 

Il est donc apparu urgent au milieu des années 2000 d’initier une démarche dans laquelle l’Ecole aurait retrouvé une place plus conforme à ses missions. L’Education nationale possède en effet de larges compétences, qu’il s’agisse du pilotage, du repérage des élèves, de la formation des intervenants (CASNAV, CAREP, DAFOR[2]), du lien et de la sensibilisation des parents aux valeurs de l’école, de l’expertise pédagogique ou de l’évaluation des résultats. Il convient notamment d’identifier les élèves qui peuvent bénéficier prioritairement de ces dispositifs ou d’autres dans le cadre d’un parcours éducatif cohérent.

 

Comme le rappelle un rapport récent du Ministère de l’Education nationale, « L’accompagnement à la scolarité ne constitue pas de ce point de vue un mode de traitement spécifique de la grande difficulté scolaire ». Il s’inscrit nécessairement dans un ensemble plus large par rapport auquel il est important de le situer, au regard notamment de cinq mesures récentes visant à l’individualisation des aides apportées :

 

  1. Les PPRE. Les programmes personnalisés de réussite éducative concernent les écoles de l’école élémentaire et du collège dont la maîtrise des compétences  de base est jugée insuffisante. Ils consistent à mettre en œuvre des actions devant conduire à la maîtrise des composantes du socle commun. Les élèves sont identifiés par l’enseignant et la famille est systématiquement associée à la démarche. Chaque fois qu’il est nécessaire, la prise en charge dans le temps scolaire est complétée par des mesures d’accompagnement périscolaire.

 

  1. Les dispositifs de réussite éducative. Mesure importante du plan de cohésion sociale, ce dispositif vise à offrir un accompagnement social, culturel et sanitaire personnalisé aux enfants et aux adolescents des quartiers défavorisés, afin d’aider les familles dans leur rôle éducatif. Certaines de ces actions peuvent consister en un accompagnement scolaire renforcé.

 

  1. Les réseaux ambition réussite (RAR). La nouvelle politique mise en œuvre dans les réseaux d’éducation prioritaire se traduit par le classement de collèges « ambition réussite » et l’attribution de moyens supplémentaires (professeurs référents, assistants pédagogiques).

 

  1. L’instauration depuis la rentrée 2008 des deux heures d’aide personnalisée qui permettent à l’enseignant d’instaurer pour un petit groupe d’élèves un suivi individualisé.

 

  1. La mise en place dès la rentrée 2007 de l’accompagnement éducatif dans les collèges en éducation prioritaire, dispositif progressivement étendu en 2008 à l’ensemble des collèges, mais aussi aux écoles de l’éducation prioritaire.

 

Ce dernier dispositif, en particulier, a impacté fortement l’offre périscolaire, notamment dans les secteurs territoriaux des collèges, où le dispositif d’accompagnement à la scolarité était moins développé que dans le primaire et où le besoin d’un soutien global ou ciblé « matière » apparaissait plus que nécessaire.

 

Compte tenu de ce contexte, et du fait même de la multiplication de ces dispositifs, il apparaît qu’une évaluation plus qualitative que quantitative doit nous permettre d’en interroger l’impact au regard des résultats obtenus par les élèves qui les fréquentent.

 

Plus globalement, la question de l’évaluation vient interroger la philosophie et les finalités de ces dispositifs. S’agit-il…

-          de renforcer les savoirs les élèves ?

-          de limiter les inégalités face au travail personnel ?

-          de fournir une méthodologie efficace pour apprendre ses leçons et faire ses devoirs ?

-          de renforcer l’estime de soi

-          de faire retrouver le goût et le sens des apprentissages ?

-          d’accueillir les élèves ne bénéficiant pas d’un accompagnement parental durant le temps périscolaire ?

-         

 

En l’absence d’une définition plus claire des critères retenus, il est difficile en effet d’envisager une forme d’évaluation autre qu’une simple évaluation-bilan. Le risque encouru étant alors que ces dispositifs fonctionnent sans un retour qualitatif suffisant, en lien avec les objectifs préalablement fixés.



[1] On sait aujourd’hui l’importance de cet accompagnement périscolaire pour les élèves dans la contextualisation des apprentissages réalisés en classe. Voir à ce sujet J-M. Le Bail (Préf. C. Pair). L’accompagnement à la scolarité. Sceren-CRDP Amiens, 2007.

[2] Centre académique de scolarisation des nouveaux arrivants et enfants du voyage, Centre académique de ressources pour l’Education prioritaire, Direction académique de la formation des personnels de l’Education nationale.

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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 18:11

 

Les enfants n’ont pas les mêmes droits dans toutes les parties du monde. C’est une évidence. Certains ne bénéficient pas de conditions de soins élémentaires ou sont victimes de conflits armés. D’autres sont exploités au travail, confrontés à la maltraitance, la prostitution ou la pédophilie.

 

La convention relative aux droits de l’enfant, adoptée le 20 novembre 89 par l’ONU s’est donnée pour tâche de faire progresser les droit s de l’enfant dans le monde. De fait tous les pays doivent désormais s’y référer et la France s’est elle-même mise en conformité avec les principes de la convention, qu’elle a ratifiée le 7 août 1990 (entrée en vigueur le 6 septembre 1991).

Une journée nationale a été fixée au 20 novembre, devenue depuis journée européenne. Le 12 juin est déclaré quant à lui journée mondiale contre le travail des enfants par l’ONU.

Le Ministère de l’Education nationale a décidé d’inclure le thème des droits de l’enfant dans les programmes d’éduction civique de l’école, du collège et du lycée. Le droit à l’identité, les rapports garçons-filles, la protection contre le travail et la maltraitance font partie des thèmes abordés par les enseignants.

 

Bref historique des droits de l’enfant

 

La prise en compte de l’enfant comme une personne est une idée récente. En Grèce ou à Rome, nombreux sont les enfants esclaves qui participent aux travaux des champs. Le père a d’ailleurs droit de vie et de mort sur son enfant, c’est ce que l’on appelle le droit naturel. A l’âge de dix-sept ans, le garçon adopte la toge virile pour marquer son passage à l’âge adulte. Pour les filles, c’est l’abandon de la bulle – médaillon donné à la naissance – qui se fait le jour du mariage, c’est-à-dire à partir de douze ans.

Au Moyen Age, l’enfant est considéré – et représenté – comme un adulte miniature. Sous l’Ancien Régime, l’enfance n’existe pas davantage. La majorité est fixée à vingt-cinq ans pour les filles, trente ans pour les garçons. La relation des enfants à leur parent est souvent décrite comme celle des sujets à leur souverain. Mais au XVIIIème siècle, certains philosophes comme Rousseau s’intéressent à l’éducation des enfants (L’Emile). La Révolution de 1789 marque d’ailleurs une avancée dans leur statut puisque la majorité est abaissée à vingt-et-un ans et la puissance paternelle partiellement remise en cause.

On assiste cependant à une certaine régression sous Napoléon Bonaparte puisque l’enfant est défini comme un « incapable » qui doit être assisté et représenté pour pouvoir agir et peut être enfermé à la demande du père (article 371 du code civil).

Au XIXème siècle, l’enfant commence à être reconnu dans les familles bourgeoises mais dans les milieux populaires, il est une force de travail qui doit participer à la survie familiale. A partir de 1841, en France puis dans d’autres pays, des réglementations commencent à apparaître qui préfigurent ce que l’on va appeler le droit des mineurs.

En dénonçant l’état physique et mental des enfants ouvriers, le Dr Villermé provoque une prise de conscience qui débouche sur une première loi  (1841) sur l’âge minimum et la durée journalière du travail. En 1900, celle-ci est fixée à dix heures à partir de treize ans. C’est ensuite le droit à l’éducation et à l’instruction avec les lois instituant l’école obligatoire et gratuite de 1881-1882 puis 1886. La loi de 1898 vise les violences et négligences commises sur les enfants. Elle sera renforcée en 1958 par la loi sur l’enfance en danger.

 

 

La prise en compte progressive de l’intérêt de l’enfant

 

Au XXème siècle, l’enfant devient progressivement un sujet de droit pour la communauté internationale. D’abord dans le cadre de la Société des Nations, qui crée un comité de protection de l’enfance et adopte dès 1924 la Déclaration de Genève, inspirée des travaux de l’éducateur et médecin polonais Janusz Korczak. Elle comporte cinq points et l’on retiendra la formule du préambule : « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur. »

Malheureusement la seconde guerre mondiale et son cortège d’atrocités constitue un recul considérable en matière de droit de l’homme en général et des enfants en particulier. Des milliers d’enfants ont été tués, torturés, gazés, déplacés, blessés, traumatisés et une grande partie d’entre eux sont orphelins, n’ont plus d’existence légale, ont perdu leur identité/ En 1946 est créé un Fonds des Nations unies pour les secours d’urgence à l’enfance qui deviendra en 1953 l’UNICEF, avec un statut d’organisation internationale permanente. Ses missions seront progressivement élargies aux pays en voie de développement, ses programmes concernant aussi bien la santé, l’alimentation, l’accès à l’eau et à l’éducation.

 

La Déclaration des droits de l’enfant est adoptée par l’ONU le 20 novembre 1959 malgré de nombreux désaccords entre les Etats. Elle fait de l’enfant un sujet de droit et énonce dix principes. 1979 est déclarée année internationale de l’enfant. Sous l’impulsion de la Pologne, l’ONU est les différentes ONG décident de travailler sur un texte plus contraignant qui deviendra la Convention des droits de l’enfant.

 

Le 20 novembre 89, la Convention est adoptée à l’unanimité par l’ONU. Elle comporte 54 articles qui décrivent les droits civils, économiques, sociaux et culturels de l’enfant ainsi que le mécanisme d’application de ces dispositions. L’article 3 énonce l’intérêt supérieur de l’enfant comme devant prévaloir à toute décision le concernant. Les articles 13 et 14 lui reconnaissent le droit d’expression sous toutes ses formes aux seules restrictions prescrites par la loi, la liberté de pensée, de conscience et de religion. Elle prend en compte la parole de l’enfant en justice pour les affaires le concernant et le protège contre l’exploitation sexuelle.

L’éducation de l’enfant (article 24) doit viser à :

-         favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et aptitudes mentales ou physiques ;

-         Inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

-         Inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, des civilisations différentes de la sienne ;

-         Préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux ou religieux, et avec les personnes d’origine autochtone ;

-         Inculquer à l’enfant le respect du milieu naturel.

 

En 2005, la Convention avait été ratifiée par 192 Etats sur 194, à l’exception notable des Etats-Unis (la peine de mort existant encore pour les enfants dans douze Etats) et de la Somalie (empêchée par des troubles politiques récurrents). La convention appartient au cadre de référence de la déclaration universelle des droits de l’homme.

 

  

 

Progression des droits de l’enfant en France ?

 

Depuis 1959, un certains nombre de cadres ont sensiblement évolué en France. L’autorité parentale appartient aux deux parents et est définie comme une fonction exercée dans l’intérêt de l’enfant (loi du 4 juin 1970). Les pouvoirs des parents sont contrôlés et les négligences de soin comme les mauvais traitements sont sévèrement punis et peuvent aboutir à la déchéance de l’autorité parentale. Depuis 1974, la majorité est fixée à dix-huit ans et entraîne le plein accès à la capacité juridique et politique. La loi sur le travail a évolué et permet d’exécuter des travaux légers pendant les vacances à partir de quatorze ans.

La lutte contre les discriminations s’est accentuée avec la mise en place d’un système de bourses qui permet aux enfants issus de famille modestes de poursuivre leurs études (environ 25% des lycéens). Dans les années 80, l’Etat a mis en place les zones d’éducation prioritaires (249) dans l’objectif de donner plus à ceux qui ont moins. Ce classement permet d’obtenir des moyens de fonctionnement supplémentaires, et de réduire les effectifs par classe. Il a été renforcé par la mise en œuvre des réseaux ambition réussite, l’objectif étant d’apporter des aides renforcées et un suivi individualisé. Les prestations scolaires bénéficient également de la mise en place du quotient familial, calculé en divisant le revenu annuel des familles par le nombre de personnes qui la constituent.

La loi du 11 février 2005 a réaffirmé le droit des enfants handicapés à être scolarisés au plus près de leur domicile et à bénéficier de mesures de compensation à leur handicap (adaptation du poste de travail, personnel mis à disposition, ordinateur portable…). Un organisme unique, la Maison départementale des personnes handicapées, est créé dans tous les départements à cet effet, qui prend en charge les personnes handicapées tout au long de leur vie et doit fournir aux enfants handicapés parvenus à leur majorité un établissement d’accueil. Des classes spécialisées sont créées dans le premier degré (CLIS) et dans le second degré (UPI) pour permettre la scolarisation de ces élèves (environ 350 000) dans des conditions aussi proches que possibles d’une scolarité normale. Des auxiliaires d’intégration scolaire complètent ce dispositif en vue d’une meilleure insertion des enfants et des jeunes handicapés.

 

Le droit d’expression s’est quant à lui considérablement élargi par l’élection de délégués de classe et de représentants au conseil d’administration (collège, lycée). Depuis 1979, des conseils municipaux d’enfant ont également été institués ainsi qu’un Parlement des enfants composé d’élèves de CM2. Des conseils de la vile lycéenne ont été crées depuis la loi d’orientation de juillet 1989 visant à améliorer le dialogue dans les établissements.

 

Dans le domaine de la justice, la prise en compte de la parole et de l’opinion des enfants pour les affaires les concernant est une avancée réelle, même si l’affaire récente d’Outreau en a montré les limites. Elle s’intègre dans les dispositions prévues par l’ordonnance du 2 février 1945 qui encadre la justice des mineurs et crée le juge des enfants. Nommé auprès du tribunal de grande instance, celui-ci intervient dans les situations délictuelles et criminelles en prenant en compte l’intérêt supérieur de l’enfant. Il peut prononcer des mesures d’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) pour aider, soutenir ou conseiller la famille.

 

La loi d’août 2002 est cependant venu réduire et encadrer le rôle de ces juges pour enfants en confiant les affaires délictuelles des mineurs de treize à dix-huit ans aux juges de proximité et en créant des centres éducatifs fermés. Les enfants peuvent désormais faire l’objet de sanctions pénales dès l’âge de dix ans et être placés en garde à vue pour des délits graves. Des centres de détention spécialisés et des quartiers de mineurs ont été aménagés dans le cadre de ces mesures, que certains estiment contraires à la Convention relative aux droits de l’enfant. La loi de 2006, liée aux incivilités de 2005, semble montrer elle aussi un durcissement de la Justice des mineurs.

De même le droit des gens du voyage à pouvoir stationner sur des terrains aménagés à cet effet semble difficile à faire appliquer par certaines communes. On estime qu’ils seraient environ 40 000 en région parisienne pour seulement 600 emplacements familiaux. Des écoles mobiles (antennes scolaires mobiles) ont cependant été organisées, pour permettre aux enfants d’apprendre à lire, écrire et à compter sur les lieux de campement. Néanmoins, le mode de vie induit un manque de suivi des élèves accompagnés qui nuit à leur scolarisation. On estime à environ 12 000 le nombre d’enfants tsiganes ne bénéficiant pas d’une scolarisation régulière.

 

 

Evolution ou régression dans le monde ?

 

La situation mondiale est également contrastée, en partie du fait de l’amplification et de la radicalisation des conflits dans de nombreux points du globe et en particulier en Afghanistan, en Irak, en Palestine et au Moyen Orient, en Tchétchénie. On estime à 300 000 le nombre d’enfants qui combattent actuellement dans le cadre de ces conflits. Les enfants soldats sont recrutés parfois légalement, parfois sous la contrainte. Ils ont en général entre quinze et dix-huit ans mais peuvent avoir comme dans certains pays moins de dix ans. Le droit international a fixé à quinze ans l’âge minimum pour le recrutement dans l’armée ce qui correspondait à la fin de la scolarité obligatoire en Europe occidentale (article 38).Un protocole additionnel a été voté le 25 mai 2000 interdisant le recrutement d’enfants de moins de dix-huit ans dans l’armée.

L’Unicef apporte sa contribution dans de nombreuses régions du monde dans le domaine de la santé, des programmes de nutrition et de scolarisation. Elle contribue à la construction d’écoles, de puits, à l’installation de systèmes d’assainissement, à la fourniture d’équipements scolaires et à la formation d’enseignants.

 

La Convention montre cependant quelques limites, liées à l’absence de développement économique de certains pays. On estime aujourd’hui à onze millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui y meures chaque année, la malnutrition étant responsable à elle seule de la mort de six millions d’entre eux. On évalue à 240 millions le nombre d’enfants âgés de moins de quatorze ans qui travaillent dans le monde. Plus de deux millions d’enfants meurent chaque année de maladies pour lesquelles des vaccins existent telles que la diphtérie, le tétanos, la rougeole, la coqueluche ou la tuberculose. Plus de deux millions d’enfants ont été tués lors des différents conflits ces dernières années.

 

Sources :

-         UNICEF,

-         MARINETTI, F. Les droits de l’enfant. Librio / Unicef. Paris, 2007

-         TESSIER, S. (dir) Langages et cultures des enfants de la rue. Karthala (Editions-Diffusion), 1995

 

Sites :

www.droitsenfant.com

www.dei-france.org

www.unicef.fr

www.allo119.gouv.fr

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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 18:42

L’accompagnement scolaire - l'aide aux devoirs -  est une question à la fois pédagogique et une question sociétale.

 

Rappel du contexte historique :

 

-         L’aide aux leçons et aux devoirs a toujours existé sous différentes formes. En France elle a souvent été l’affaire de l’école mais aussi celle des associations d’éducation populaire qui y ont vu le moyen de renforcer les solidarités entre les générations (la transmission des savoirs) et les différents milieux sociaux (la réduction des inégalités). L’accompagnement scolaire dans sa forme associative est aussi une spécificité française liée au développement des zones sensibles et à la richesse du tissu associatif et du réseau des centres sociaux.

 

-         L’aide aux devoirs est évidemment un objet sociologique, économique voire politique mais elle est également un objet pédagogique qui a été trop souvent ignoré ces dernières années. Elle a constitué jusqu’à une période très récente  un véritable angle mort du système éducatif. Lié à l’ambiguïté persistante au tour de la circulaire de 1956, toujours en vigueur mais jamais appliquée.

 

 

Derrière la question de l’aide aux devoirs – qu’il faut bien considérer comme une forme de domestication du travail scolaire – son versant éducatif l’accompagnement à la scolarité - se cache en réalité une autre thématique qui nous est bien connue et qui frappe plus particulièrement certains élèves : celle de l’échec scolaire.

 

"Manque de travail, révisions insuffisantes, contrôles insuffisamment préparés, devoirs non faits, leçons non sues, travaux personnels non rendus." Ces remarques des professeurs reviennent en leitmotiv pour souligner une évidence : les élèves les plus fragiles, qui ont des difficultés en classe, n'apprennent pas bien non plus chez eux.

De ce point de vue le travail scolaire demandé à la maison, dans la forme qu’il revêt habituellement et qui suppose l’acquisition d’une certaine autonomie, un lieu de travail calme, des outils de recherche, une méthodologie, constitue, sans l’accompagnement nécessaire à sa réalisation une forme d’inégalité supplémentaire créée par l’école, sans pourtant qu’aucun contrôle, qu’aucune évaluation ne permette de s’en faire une représentation objective.

 

Et si ces deux thématiques (devoirs / échec scolaire) sont liées c’est tout simplement parce que les devoirs, lorsqu’ils sont donnés par les enseignants sans explicitation de leurs attentes et sans outil méthodologique pour les réaliser, aboutissent finalement à un accroissement des difficultés par rapport à la demande scolaire.

 

 

Exemple : J’intervenais la semaine dernière en formation avec des jeunes bénévoles d’une grande association d’accompagnement à la scolarité et l’une d’entre eux se plaignait de devoir passer une heure trente chaque soir pour parvenir à faire le travail demandé par l’enseignante.

Encore dans cette situation peut-on se féliciter que l’enfant dont il est question reçoive l’aide d’une accompagnatrice bénévole. Mais il est clair que cette personne, à elle seule, ne peut pas compenser – puisqu’il s’agit bien ici de compensation pédagogique – les difficultés et la sur charge de travail que va rencontrer l’élève dans une telle situation. Pourquoi se mettrait-il soudain à comprendre seul ce que l'on n'a pas pu ou su lui faire saisir en classe ?

 

S’agit-il d’une exception ? Peut-être, mais ce qui est certain c’est qu’actuellement il n’existe aucun cadrage qualitatif et quantitatif autour de la question des leçons et/ou des devoirs à donner.

De ce point de vue les expériences menées autour de l’accompagnement éducatif ont permis à certains professeurs de se rendre compte que les attentes de leurs collègues étaient parfois démesurées au regard des capacités réelles des élèves qu’ils cherchaient à aider. Mieux, lorsqu’ils ont eu la possibilité de prendre en charge leurs propres élèves, ils se sont souvent rendu compte d’un décalage entre la compréhension réelle d’une leçon qu’ils avaient faite en classe et ce qu’ils en supposaient (processus enseigner vs processus apprendre).

 

Il ne s'agit pas évidemment pas dans mon propos de chercher à cloisonner strictement l’école et la maison, de regretter qu’un travail personnel puisse être mené en dehors des heures de classe, mais uniquement de s’ étonner de voir porter une partie du travail d’apprentissage sur un temps et un lieu externes à l’école, lieu sur lequel nous savons pertinemment que le niveau d’étayage n’est absolument pas le même, compte tenu du capital culturel et du niveau d’études auxquels ont accédé certains parents.

 

 

Formation des élèves, formation des bénévoles, des enseignants

 

On peut bien évidemment souhaiter que les élèves soient autonomes, qu’ils sachent s’organiser, planifier le travail demandé. Encore faudrait-il peut-être penser à le leur apprendre et vérifier que cet apprentissage est véritablement opérationnel. Compter sur le dévouement des bénévoles des associations de quartier comme cela a été fait durant des années (processus d’externalisation) est tout de même un peu léger. A ma connaissance, ils ne sont pas si nombreux les départements où des formations communes ont été organisées avec l’Education Nationale, les associations et les centres sociaux qui interviennent dans ce domaine.

 

Autre problème récurrent, plus le cursus scolaire avance, plus le niveau de difficulté devient grand pour l’accompagnateur et/ou le parent. Si, à l’école élémentaire, les parents (très majoritairement la mère, comme on le sait) apportent environ 15h d’aide au travail scolaire par mois, ils ne le font plus que 4 ou 5 heures au collège et au lycée.

 

C’est pourquoi il me semble indispensable de mettre en place une offre plus soutenue au collège et au lycée, car on sait  que :

-         les parents s’estiment, à tort ou à raison, souvent « incompétents » sur ces niveaux

-         l’offre périscolaire de quartier est souvent insuffisante, notamment au lycée.

 

S’ils ont la maîtrise des savoirs et de leur transmission (processus « enseigner »), les professeurs eux-mêmes ont besoin de se former pour être en mesure d’analyser les stratégies d’apprentissage de leurs élèves et les processus qui les conduisent à l’erreur. Ces formations existent, elles permettraient de considérer l’apprentissage des leçons non plus comme un processus secondaire mais comme partie intégrante du processus d’apprentissage global d’une notion.

 

 

Formation des parents

 

Il faut cependant être attentif à ne pas créer par ces dispositifs d’accompagnement éducatif de substitution à la fonction parentale, les parents étant et devant rester les premiers éducateurs de leurs enfants. Il faut au contraire essayer de les associer au maximum et l’aide aux devoirs peut constituer de ce point de vue un objet privilégié de l’alliance éducative autour de l’enfant. C’est pourquoi il est nécessaire qu’ils puissent se représenter de façon satisfaisante leur rôle dans ce processus de prolongation des apprentissages réalisés en classe, suivre les devoirs demandés, lire le cahier de texte, montrer à leurs enfants qu’ils sont au courant des demandes de l’école et qu’ils y participent activement, même s’ils ne saisissent pas forcément l’ensemble des enjeux pédagogiques. C’est la seule façon pour qu’ils ne soient pas vus par leurs propres enfants comme des « étrangers culturels, intellectuellement et symboliquement disqualifiés ».

 

Conclusions :

-         L’aide aux devoirs implique de fait pour pouvoir être efficace un effort de formation a) des enseignants, b) des bénévoles, c) des élèves, d) des parents. Les stratégies d’apprentissage utilisées par les élèves sont encore mal connues. On le voit aujourd’hui dans le champ de l’aide personnalisée car les enseignants avouent ne pas arriver à accompagner certains des élèves qu’ils ont inscrits. C’est également vrai dans le champ de l’accompagnement éducatif. Accompagner, aider, sont des actes pédagogiques qui ne vont pas de soi, et font appel à des compétences distinctes des compétences didactiques habituellement mobilisées dans le cadre de l’enseignement en grand groupe. Interaction langagière, identification des stratégies d’apprentissage, analyse de l’erreur, pédagogie de détour, etc…

 

-         L’aide aux devoirs en tant que telle ne peut se suffire à elle seule. Elle ne peut prendre du sens, notamment en ZEP que dans un cadre plus large qui est celui de l’accompagnement éducatif et scolaire. L’enjeu est de taille puisqu’une étude américaine a estimé dans les années 90 à 40% la proportion des apprentissages cognitifs qui se feraient en dehors du temps scolaire (par la richesse du contexte familial, notamment). Cette étude, qui fut à l’origine du dispositif « coup de pouce », tend à montrer que le milieu joue un rôle important dans la prolongation des apprentissages réalisés en classe. Cela signifie que l’on ne peut se contenter de faire de l’aide aux devoirs, de rester sur une forme scolaro-centrée pour des élèves qui ont déjà du mal à donner un sens social aux apprentissages réalisés en classe, ces fameux élèves qui disent apprendre à lire pour passer dans la classe supérieure ou pour faire plaisir à leur enseignant. Il faut adjoindre à l’aide aux devoirs un certain nombre d’activités culturelles qui vont permettre aux élèves de faire des liens entre les savoirs, de construire des ponts, des passerelles. Derrière la question de la contextualisation, il y a presque immédiatement la question de l’inter et de la transdisciplinarité qui a tant de mal à se construire dans les classes.

 

 

 

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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 19:48

par Jean-Michel Le Bail

 

I - Le concept de parentalité

 

1.1 Parentalité et fonctions parentales, désinvestissement ou surinvestissement ?

Le concept de parentalité, bien que largement utilisée par les femmes et les hommes politiques, les médias et les experts, demeure aujourd’hui relativement indéfini.

Etymologie : traduction de l’anglais « parenthood ». Au Québec, on parle de « parentage ».             En France, le terme parentalité a été utilisé au départ par Serge Lebovici : « Avoir un enfant ne signifie pas qu’on en est le parent : le chemin qui mène à la parentalité suppose qu’on ait “co-construit” avec son enfant et les grands-parents de ce dernier un “arbre de vie” qui témoigne de la transmission intergénérationnelle et de l’existence d’un double processus de parentalisation-filiation grâce auquel les parents peuvent devenir père et mère »

Le terme en lui-même fait question dans la mesure où il semble centrer la famille sur l’enfant et donne l’impression que l’on pourrait mesurer la qualité parentale à l’aune des compétences manifestées (terrorisme du parent compétent, culpabilisation). De fait aujourd’hui, c’est l’enfant qui semble constituer le pôle de stabilité familial.

Claude Martin présente dans un rapport de 2003 (La parentalité en questions, perspectives sociologiques : rapport pour le Haut conseil de la population et de la famille) le contexte ambivalent dans lequel s'est déployée cette expression qui permet aujourd'hui à la fois de :

+    désigner la fonction et les pratiques parentales

-          qualifier un nouveau « problème public » (redéfinition de la notion de parent, parentalité définie tour à tour comme l'expression de la diversité des configurations parentales ou de l'inquiétude sur les transformations de la famille, de la démission éventuelle des parents vis à vis de l'éducation de leurs enfants ou au contraire surinvestissement parental)

Ce rapport part d’un constat qui relèverait du sens commun selon lequel les parents délègueraient de plus en plus leurs responsabilités à des institutions tiers ou relais. Cette délégation serait consécutive à la fois

- à l’accroissement du travail des mères

- à la fragilisation des couples.

Point de vue historique :

La période de l’après-guerre dite des Trente glorieuses est marquée par le modèle de la famille nucléaire, fondée sur le mariage, célébré à l’église et envisagé comme un lien indissoluble. La division stricte des sexes assigne à l’homme le rôle de « pourvoyeur » et à la femme celui de « travailleuse domestique » (M. Gagne-pain et Mme Aufoyer). Cette période est marquée jusqu’en 1965 par une hyper fécondité (3 enfants par femme) qui rend celle-ci extrêmement dépendante de l’homme.

La période suivante, dite des Trente piteuses, qui va des années 75 à nos jours, est marquée par une évolution très importante des modèles familiaux, avec une baisse sensible des mariages, une augmentation des divorces (125 000 par an), une multiplicité d’organisations familiales (familles monoparentales, recomposées, homoparentales) qui fait qu’aujourd’hui 3 enfants sur dix ne vivent pas dans une famille nucléaire.

En ce qui concerne le divorce, il faut être assez prudent dans l’analyse car les études sociologiques récentes ont montré qu’il ne fragilisait pas nécessairement tous les couples mais plus particulièrement les personnes vulnérables sur les plan économiques et psychologique, avec un risque réel de désaffiliation, de sentiment d’inutilité sociale (individu par défaut). D’où un risque plus ou moins réel de délégation de responsabilité sur d’autres instances éducatives.

On ne peut cependant en aucun cas « généraliser » cette notion de délégation et l’on verra à l’inverse, en particulier dans le champ de l’accompagnement scolaire, que le fait de faire appel à des associations de quartier, à différents relais ou même à des officines privées relève bien au contraire d’une logique de (sur)investissement scolaire. En réalité, la  multiplication des experts de la parentalité et la construction de normes qu’elle entraîne (notion de compétences parentales) a parfois conduit à un repli parental face à l’idée selon  laquelle il faudrait non seulement  éduquer les enfants mais également leurs parents.

En revanche, ce qui est certain c’est qu’aujourd’hui, dans certaines familles, un grand nombre d’enfants sont désirés, « programmés », et en tant que tels supportent une multitude d’investissements de la part de leur parent et parfois de leur famille, (sur)investissements affectifs avec lesquels il faut compter.

Si l’on cherche à dépasser les vérités issues du sens commun, on s’aperçoit en conséquence qu’au-delà de la question stricte de la parentalité, et du rôle qu’elle joue vis-à-vis du rapport au savoir et à la scolarité, un certain nombre de questions se posent :

1.       Quels liens existent-ils entre le fait d’être des parents, de pouvoir inscrire son enfant dans une filiation et d’exercer sa parentalité ?

2.       Quel rôle effectif joue la fonction parentale dans le devenir des enfants (certains auteurs comme J.R. Harris ayant eu tendance à la minorer alors même que des courants aussi opposés que les freudiens et les behavioristes s’accordaient sur le primat de l’éducation parentale). L’enfant face à ses seuls père et mère n’existe dans aucune culture (rites de passage)

3.       (subsidiairement) Quels apports et quelles influences ont les différents partenaires que sont les enseignants, les travailleurs sociaux, les associations, les institutions, a) indirectement sur l’exercice parental de la parentalité, b) directement sur ce qu’il faudrait appeler la parentalité élargie, autrement dit l’éducation au sens de la réussite éducative et de la citoyenneté.

En ce qui concerne la première question, il faut nécessairement distinguer trois registres différents de fonctions parentales. Ce qui relève de la…

1. Parenté =    dimension biologique : avoir un enfant / être père ou mère

2. Filiation = dimension anthropologique : inscription de l’enfant  dans une généalogie, une lignée, qui peut être biologique ou non (cf. reconnaissance[1], adoption)

3. Parentalité = dimension psychologique et sociale : élever un enfant / être parent.

 

 

1.2 Sociétés traditionnelles et sociétés modernes

Le concept de parentalité fait sens dans une société donnée. Si l’on regarde par exemple ce qui se passe dans les sociétés traditionnelles, l’anthropologue Jack Goody définit cinq composantes pour la société ouest africaine, qui relèvent effectivement des trois registres décrits plus haut :

- [concevoir et mettre au monde]

- [nourrir]

- [éduquer]

- [donner une identité à la naissance]

- [garantir l’accès de l’enfant au statut d’adulte (accès aux biens, à un métier, au mariage)].

De son côté, Maurice Godelier estime qu’il faut faire une distinction claire entre parenté sociale et parenté biologique, même si l’on sait que de tous temps les adultes qui ont élevé les enfants n’étaient pas forcément leurs parents biologiques, mais leurs tantes, leurs sœurs ou des nourrices. De fait l’enfant est à la confluence de réalités sociales qui dépassent largement la sphère familiale.

Il rappelle que dans les sociétés traditionnelles, c’est souvent un tiers qui transforme le fœtus en enfant et l’inscrit dans une filiation : un dieu, un astre, un élément, un animal totémique ou un ancêtre. Dans la tradition chrétienne, c’est Dieu  qui donne au futur enfant à naître une âme, qu’il ne doit ni à son père, ni à sa mère.

Si l’on veut parler de rupture anthropologique, ce n’est pas tellement en terme d’organisation familiale mais plutôt en terme de désir d’enfant : le désir moderne d’enfant n’a plus rien à voir avec le désir traditionnel qui voyait dans la nouvelle génération à la fois un potentiel de travail et une possibilité de transmission des biens. De plus, l’autorité paternelle s’est transformée en autorité parentale, légitimement partagée entre le père et la mère.

En termes de distanciation (avoir la bonne distance éducative avec son enfant) :

Dans les sociétés traditionnelles, collectives, l’enfant est à découvrir, il faut apprendre à le connaître car il est le plus souvent l’expression d’un ancêtre qui se réincarne en lui (lequel ?). C’est plutôt positif en terme de distanciation. Un dialogue est possible avec l’enfant car l’enfant est foncièrement différent de l’adulte.

Dans la société actuelle, individualiste, on assiste aujourd’hui à une (sur ?)valorisation de l’enfant et de l’adolescent. L’enfant de l’hyper modernité est à la fois un enfant partenaire et un enfant projectif. Désiré (contraception), il est le reflet des aspirations des parents. Les parents se reconnaissent en lui (enfant miroir), comme s’il n’était pas foncièrement différent d’eux. Il y a donc négation de la rupture générationnelle.

Maurice Godelier définit pour sa part sept fonctions :

1.       engendrer,

2.       nourrir,

3.      soigner et protéger,

4.       éduquer,

5.      être responsable,

6.       doter d’un statut social et transmettre des biens,

7.      exercer l’autorité et faire respecter les interdits sexuels.

 

Rmq: La parenté est à considérer comme un rapport dynamique de réciprocité et non unilatéral. Etre parent, c’est bien sûr s’occuper du bien être et de l’évolution de son enfant, mais c’est aussi s’insérer soi-même dans la société, donner du sens à son existence (i.e. passage d’une parentalité de plein exercice à une parentalité alternée ou de visite).

 

1.3 Les liens et les figures de la parenté. Le cas des enfants (de) migrants

1. Il y aurait donc à considérer plusieurs figures de pères et de mères : le père biologique, le père anthropologique (inscrit dans une filiation) et le père social ;  la mère biologique, la mère anthropologique, la mère sociale. Dans les familles recomposées, il y a irruption d’une autre figure sociale qui ne renvoie pas pour autant aux dimensions biologique set anthropologiques, ce qui peut entraîner des reconfigurations symboliques autour de la notion de vrai père / vraie mère.

2. Pour les psychologues, les choses sont encore plus complexes, car le jeune enfant, après avoir accepté la séparation fusionnelle avec la mère, intègre dans une même image symbolique (transcendantale) le père-mère en un  seul et même ensemble. Et c’est souvent ce qui pose problème lors de la séparation des parents, surtout si les parents veulent organiser celle-ci sur le mode étanche.

3. D’autres figures générationnelles doivent pouvoir venir également s’immiscer (ou non) dans le triangle père-mère-enfant : les grands parents / les oncles et les tantes / les frères et sœurs.

On peut remarquer que dans le cas spécifique de la migration, certaines de ses figures générationnelles sont le plus souvent absentes, alors qu’elles constituent des éléments essentiels de médiation / d’identification dans la relation parents – enfants.

Maurice Godelier précise néanmoins que les liens de parenté, s’ils sont essentiels dans la structuration et la maturation de l’enfant et de son imaginaire, ne sont pas pour autant les seuls liens de dépendance entre les membres d’une société. Le sentiment d’appartenance se crée essentiellement à la fin de l’adolescence autour des rapports politiques, éthiques, professionnels et/ou religieux qui englobent et dépassent largement la structure parentale.

 

1.4 Les modes de filiation et le rapport à l’identité

Les modes de filiation sont dans les sociétés traditionnelles de puissants modes d’élaboration intellectuelle et symbolique de la  parenté. La filiation est toujours transgénérationnelle. On devient parents en référence aux parents que l’on a eus[2]. L’anthropologie en considère essentiellement trois types :

Unilinéaire : patrilinéaire (agnatique : transmission des droits par le père) / matrilinéaire (utérine : transmission des droits par la mère)

Bilinéaire : certains droits (i.e. la parenté et la religion) se transmettent par des genres différents (ex : le judaïsme se transmet par la mère, mais la filiation par le père)

Indifférencié (cognatique) : l’individu a le choix entre différents ordres de parenté (souvent supérieurs à deux) et ses droits seront relatifs à ses choix (ex. Amazonie)

Certains chercheurs pensent qu’il est difficile de classer les différentes sociétés en fonction de ces critères, les organisations sociales étant souvent plus complexes (religion, héritage, alliance, initiation, transmission des savoirs).

On peut néanmoins garder l’idée que dans nos sociétés, certains éléments seront plus facilement transmis par le père que par la mère et vice-versa (cf. la langue lorsque les parents ont des langues maternelles différentes), mais aussi certains actes éducatifs (ex. aide au travail scolaire, généralement effectué par les mères [INSEE, 2001]). De même l’individu, à l’adolescence ou plus tard dans la vie adulte, aura tendance à se réclamer ou à se rapprocher, parfois successivement des origines du père et/ou de la mère, en lien avec le roman familial (qui est une façon de résoudre l’impensé généalogique sur le mode imaginaire). C’est particulièrement sensible dans le cas des enfants issus de couples mixtes. On peut citer l’exemple d’enfants qui ont cherché à changer de prénoms pour se rapprocher d’une de leurs origines culturelles.

 

 

1.5 Parentalité, transmission culturelle et situation de scolarisation.

Les parents ont un rôle essentiel à jouer dans la transmission culturelle et linguistique, bien qu’il soit difficile d’envisager l’une sans l’autre. Certains chercheurs pensent que c’est l’organisation sociale et familiale, via la prohibition de l’inceste, qui est à l’origine du langage et donc de la culture en tant qu’agrégation de rites, d’objets.

Pour pouvoir transmettre leur langue et leur culture, les parents doivent par conséquent pouvoir s’appuyer sur un réseau social qui donne sens aux interdits et aux règles morales transmises.

En ce sens, il peut sembler difficile de transmettre ces éléments culturels hors du territoire dans lesquels ils font sens. La tentation est grande lorsque cela est possible de se « communautariser »pour pouvoir trouver les repères essentiels à la mise en œuvre de cette transmission culturelle. C’est pourquoi il est assez difficile de revendiquer à la fois pour les parents étrangers l’assimilation et la transmission culturelle car, d’une certaine manière, l’une exclut l’autre.

La  scolarisation peut venir polariser un certain nombre de malentendus éducatifs en cela qu’elle introduit l’enfant dans la culture du pays d’accueil alors même que la transmission culturelle liée au pays d’origine ne peut avoir lieu dans des conditions satisfaisantes.

Nous disions tout à l’heure qu’être parent, c’est aussi s’insérer soi-même dans la société. Dans la société d’accueil, c’est plus difficile que dans la société d’origine. Les parents se sentent privés de leur capacité à transmettre. Ce faisant ils transfèrent leur rôle parental d’introducteur à la culture sur les adultes de l’école ce qui peut donner l’impression qu’ils sont démissionnaires, alors qu’ils sont surtout empêchés. Pour les mêmes raisons, ils renoncent à transmettre leur langue alors même que l’on sait que les situations de semi-linguisme sont souvent liées à une maîtrise insuffisante de la langue maternelle. Certains s’obligent ainsi à parler français avec leur enfant  alors qu’ils maîtrisent mal cette langue et ne sont pas capables de corriger leurs enfants. Tout le travail de transmission linguistique et culturelle revient alors à l’école.

Pour les parents autochtones, d’autres difficultés peuvent apparaître au moment de la scolarisation, qui sont liées à la nécessité d’édiction de règles et d’interdits. Dans les familles de l’hypermodernité, l’enfant a été voulu, désiré, presque choisi. Il ne doit pas être porteur d’étrangeté mais au contraire s’insérer parfaitement dans un continuum familial (enfant partenaire). A la limite, on peut ne pas voir que l’enfant est différent, qu’il a des besoins, des intérêts voir des problèmes spécifiques. C’est l’adulte miniature. A partir de là, il est difficile de se poser en tant que parent distancié, tiers interdicteur, de poser certaines règles, de prendre du recul (notamment dans le cadre de la scolarité). Ces parents sont souvent incapables d’entendre l’institution dans ce qu’elle dit de leur enfant, car ils voudraient être les seuls à maîtriser le discours (risque de dénarcissisation parentale)



[1] Naissance / reconnaissance vs. exposition, comme chez les Romains. L’exposition était prononcée généralement lorsque l’enfant était handicapé mais parfois aussi  lorsqu’il était de sexe féminin.

[2] D’où la nécessité de reconstituer la filiation parfois pour les parents eux –mêmes.

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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 18:06

 

 

 

 

 

1/ Introduction : Qu’est-ce qu’accompagner veut dire ?

 

Accompagner les enfants dans leur scolarité, cela n’a rien d’évident. Le terme en lui-même peut prêter à confusion, au point qu’on lui préfère parfois – ou qu’on lui adjoint – ceux d’aide ou de soutien comme dans l’expression « aide à la maison » ou « soutien scolaire ».

 

La notion d’ « accompagnement » nous renvoie en réalité à l’origine même de la pédagogie puisque la racine grecque de « pédagogue » signifie : celui qui accompagne l’enfant à l’école (le chemin), lui porte son cartable (déjà trop lourd ?) et lui fait faire ses devoirs (chemin entre l’école et la maison, comment la pensée chemine).

 

Dans cette dynamique croisée de l’accompagnant et de l’accompagné, il faut arriver à engager autant les parents que les enseignants, de manière à ce que l’enfant ressente l’alliance éducative qui se tisse avec lui, autour de lui. C’est l’esprit de la cohésion, de la réussite éducative.

Mais on sait que des blocages de nature diverse peuvent survenir dans ce processus, dont certains tiennent à l’identité de l’école, d’autres à celles des enseignants, d’autres enfin à celle des familles

  • Historiquement, l’école s’est construite « sans » les familles, car il s’agissait à l’époque de moraliser les masses, d’apporter « les lumières » mais aussi de lutter contre les langues régionales, et donc contre la culture familiale.
  • Pédagogiquement, l’enseignant s’estime souvent être le seul à pouvoir transmettre de façon efficace les savoirs et notamment la lecture qui est au cœur de la professionnalité.
  • Certains parents, pour des raisons socio-culturelles ne s’autorisent pas à prendre leur place  dans le champ du scolaire. Ils ont peur d’interférer avec l’enseignant ou de ne pas suffisamment maîtriser la langue de l’école pour entrer en relation avec lui. Et ce sont parfois les grands frères / les grandes sœurs qui deviennent alors prescripteurs. 

Cette dernière attitude est parfois interprétée comme un signe de désengagement, de désintérêt pour le champ du scolaire, alors qu’il ne s’agit la plupart du temps que de désorientation.

 

2/ Les malentendus éducatifs

 

Depuis quelques années, le principe de cohérence éducative entre l’école et les parents est constamment rappelé par les textes (circulaire 2006), avec la volonté d’associer beaucoup plus largement les parents à l’éducation, au point que l’on parle aujourd’hui de « co-éducation », en rappelant notamment que les parents sont bel et bien les premiers éducateurs de leurs enfants.

  • Cette exigence suppose que le parent puisse prendre du recul par rapport à son enfant, ne pas être trop prêt, ne pas être trop loin, ne pas non plus être en admiration devant tout ce qu’il fait : c’est la notion de « distance éducative »[1].
  • L’enseignant transmet la culture de l’école. Mais les parents doivent également transmettre leur culture. Lorsqu’il n’y a pas de transmission culturelle alors l’enfant risque de ne concevoir la culture que comme « culture de l’école », renvoyant strictement au champ du scolaire et n’ayant donc pas de valeur en dehors de ce champ.

 

G. Chauveau dans une étude sur le projet de lecteur constate que dans certains quartiers les enfants auxquels il demande en CP « pourquoi apprends-tu à lire ? » répondent : pour passer au CE1, pour faire plaisir à la maîtresse. Alors que les autres répondent « pour pouvoir me lire des histoires tout seul ». Autrement  dit, certains ont saisi la dimension sociale de l’écrit et pourront les réinvestir dans d’autres contextes (écrire une carte postale), d’autres ne perçoivent que la dimension scolaire, presque scolastique (la forme).

 

Pour pouvoir dépasser le clivage entre sphère scolaire et sphère familiale, il faut être en mesure d’établir des passerelles entre les deux. Il faut bien entendu que le monde de l’école puisse entrer dans la famille mais aussi que le monde familial puisse aussi avoir sa place dans  l’école[2].

 

3/ Les attitudes permettant de créer des passerelles

 

Pour sortir de ce malentendu réciproque, il faut :

a) que les parents puissent comprendre que l’école dans laquelle est scolarisé leur enfant fonctionne aujourd’hui avec des codes relativement différents de l’école d’hier et/ou de celles qu’ils ont connu. Ce travail peut être réalisé par des associations (groupes de parentalité…)[3].

b) Il faut également que les enseignants soient conscients que les codes de l’école française ne sont pas universels, et doivent donc être explicités. Il faut donc que l’école explique aux parents ce qu’elle attend d’eux, comment ils peuvent participer au travail scolaire.

c) Il est nécessaire que les enfants puissent être confrontés à la culture dans d’autres cadres que le cadre scolaire, afin d’en saisir la portée sociale et universelle. Les ressources de quartier peuvent être mobilisés (centres d’animation, centres sociaux, associations d’accompagnement à la scolarité).

 

à L’école doit être en mesure de pouvoir :

- expliquer ses attentes, montrer les progrès des enfants, présenter les supports de l’apprentissage et les enjeux pédagogiques ;

- faire entrer des adultes non enseignants (intervenants extérieurs, retraités, parents bénévoles) à l’intérieur de l’école pour des activités précises, qui ont un sens du point de vue des apprentissages (bibliothèque, ludothèque..) ;

- faire circuler les objets culturels de l’école dans les familles (prêt d’ouvrages, fabrication de jeux, travaux réalisés par les élèves…) ;

 

à De leur côté, les parents peuvent très largement contribuer à la réussite scolaire de leurs enfants. A la maison, il existe une série de ce que l’on pourrait appeler des « gestes éducatifs » (G. Chauveau, 2008) qui vont participer de cette entrée du monde de l’école dans la famille :

-          manger à table ensemble, se raconter la journée (langage d’évocation) qui permet de faire le lien entre le présent et le passé.

-          présence de l’écrit à la maison (livres, albums, documentaires, dictionnaires, recettes, journal télé, quotidiens, hebdomadaires…) qui permet de faire le lien entre l’ici et l’ailleurs.

-          raconter une belle histoire / un conte à son enfant, des albums sans texte si l’on est pas à l’aise avec la lecture du français, qui permet de se familiariser avec la culture de l’écrit

-          Avoir des jeux / jouets éducatifs, pour pouvoir se distraire seul ou ensemble (autonomie) mais aussi faire l’apprentissage de règles.

-          pratiquer des loisirs partagés pour mieux connaître le territoire, se repérer dans l’espace, faire le lien entre  les savoirs scolaires et les savoirs liés aux lieux de culture (musées, cinéma, théâtre)

-          fréquenter des lieux associatifs (centres sociaux, associations) pour favoriser les échanges avec d’autres parents, d’autres enfants, d’autres cultures.

 

Les loisirs en dehors de la maison

La poursuite d’une activité extérieure est toujours intéressante car l’enfant fait l’apprentissage d’un lieu tiers qui n’est ni l’école ni la famille et qui pourtant a des exigences éducatives. Cela permet à l’enfant de comprendre que le vivre ensemble nécessite toujours des règles et de s’apercevoir que certaines sont communes avec celles de l’école ou de la maison. Les règles ne sont pas dictées par les adultes en fonction de leur bon plaisir mais de l’intérêt général. Il faut éviter à l’enfant  que « c’est comme ça », chercher à lui expliquer lorsque c’est nécessaire mais en même temps on ne va pas tout expliquer non plus.

 

4/ la question des leçons, un objet pédagogique à partager entre les parents, les enseignants…et les associations

 

La question des leçons (rappelons que les devoirs sont interdits à l’école élémentaire) est essentielle dans cette dynamique car elle revoie à une sorte de contrat passé entre l’enseignant, l’élève et la famille. Elle repose à nouveau la question de la compétence des parents. Qui aide l’enfant, comment à quel moment ?

On peut faire appel à l’accompagnement éducatif dans les écoles, à des associations de quartier, des centres sociaux qui sont labellisés par l’Etat[4]

Il existe également des dispositifs périscolaires gérés par la Ville : études surveillées, clubs et ateliers  coup de pouce, ateliers bleus…

L’important dans ce domaine est là encore de garder un contact avec l’accompagnateur, de ne pas s’en remettre entièrement à la structure, car il s’agit de toute façon d’une aide ponctuelle qui ne pourra par durer toute la scolarité de l’enfant. Pour l’accompagner, lui montrer qu’ils suivent sa scolarité, les parents peuvent notamment demander à l’enfant :

-          de lui montrer les devoirs à faire,

-          de lui faire expliquer ce qu’a demandé l’enseignant.

-          de toujours l’encourager à essayer de faire par lui-même en se référant à la leçon apprise en classe (remémoration).

L’attention que lui porte le parent dans ce domaine est ressentie par l’enfant comme une marque d’intérêt et de contrôle (dans le bon sens du terme) pour ce qu’il fait en classe. A condition évidement de ne pas rajouter des devoirs supplémentaires (inutiles et même néfastes, puisque c’est à l’enseignant de donner des leçons) afin de laisser une place pour le jeu, la détente, des activités et des loisirs partagés.

L’enseignant de son côté doit rester vigilant à ne jamais donner aux élèves des éléments qui n’ont pas été vus en  classe et à limiter le temps de travail personnel demandé à la maison, pour que celui-ci reste raisonnable (surtout pour les élèves en difficulté).

L’accompagnateur, de son côté, peut servir de médiateur entre les demandes de l’école et les attentes de la famille, dans le cadre du lieu tiers constitué par l’association ou le centre social. Il fournit l’étayage provisoire mais nécessaire à une consolidation des savoirs, des méthodes et de l’envie d’apprendre ;

 

C’est en maintenant ce lien permanent entre la famille, l’école et les ressources de l’environnement que l’enfant-apprenant aura la possibilité de s’approprier les savoirs, de les mettre en relation et de les réutiliser dans la dynamique de sa propre émancipation, de son épanouissement et de son autonomie.



Transcription écrite d'une conférence faire par Jean-Michel Le Bail
dans une école du Réseau d'Education Prioritaire n°18 (Amandiers) à Paris.
 

 



[1] Pour certains parents, d’un point de vue éducatif,  il est essentiel de ne pas contrarier l’enfant, de ne pas se fâcher contre lui. Ils pensent bien faire, dans l’intérêt de l’enfant, or ils ne se rendent pas compte que l’enfant a besoin de cadres pour se construire. De ce fait, l’Ecole est seule pour fixer certaines limites, parfois dès la maternelle et c’est très lourd pour les enseignants. Mais c’est également lourd pour l’enfant parce qu’il n’y a pas de continuité entre les exigences de l’espace familial et celle de l’espace scolaire (parfois à l’intérieur du même espace (temps scolaire, interstitiel et périscolaire à l’école). Les attentes sont différentes, voire contraire et renvoient dans l’imaginaire de l’enfant à l’arbitraire.

 

[2] Comme nous l’avons dit, c’est parfois difficile, parce que les parents ont l’impression qu’ils en doivent pas intervenir (ou interférer) dans le travail des enseignants. Ils sont dans une attitude de délégation totale alors qu’en France, ce n’est pas ce qui est attendu. On  assiste alors à ce qu’on appelle un « malentendu éducatif ». Les enseignants interprètent l’attitude de respect des parents comme une forme de désinvestissement.

 

[3] Notamment les associations émargeant au réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement à la parentalité (REAAP).

[4] Dans le cadre du Contrat local d’accompagnement à la scolarité (CLAS)

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